samedi 11 octobre 2008

Turbolala laisse aller...

Je me bouchais les oreilles et je criais lalalala... tellement fort qu'on ne pouvait pas dire que je chantais... mélodie inintelligible.

LA-LA-LA-LA-LA-LA-LA... je ne voulais plus entendre, j'essayais d'oublier mais dans l'fond, je voulais surtout ne plus voir. Les 2 mains sur les oreilles, trop occupée à crier, je devais me fermer les yeux pour arrêter de voir.

J'aurais voulu ne plus voir et ne plus entendre pour ne plus sentir... Parce que sentir faisait trop mal. Mal aux yeux, asséchés, rouges et brulants, épuisés d'avoir trop pleuré. Parce que je pouvais bien La-la-laracher tant que j'voulais, mettre mes paumes serrés contre mes tempes, et sentir le vide sonore et le vombrissement du silence, je ne pouvais garder les yeux fermés.

J'en ai trop vu...

Ma tête s'est bien occupée à compléter en sons pour ce que je n'ai pas entendu...

Et voilà que je n'ai plus de voix pour crier, ni pour chanter, voilà que mes yeux bouffis n'ont plus de larmes et que dans mes oreilles j'entends mon coeur battre. Je reviens à moi et je me fais à l'idée.

Je peux bien crier, me masquer, me boucher les trous d'oreilles, fermer les paupières et tous les autres orifices, reste que, ce que je ne veux pas voir arrive, ce que je ne veux pas entendre se dit, ce que je veux éviter de sentir prend plus de place sous ma résistance...

Il me prend, la, maintenant, de laisser aller...

Lalalaracher prend la raclée et laisse aller...